Rééquilibrage des métaux stratégiques : élargir l’exposition sur l’ensemble de la chaîne de valeur de la transition énergétique
À retenir
- La perspective sur les métaux stratégiques vient de s’élargir. L’indice compte désormais 14 catégories de métaux, contre 10 auparavant, avec l’intégration du vanadium, du silicium métal, du manganèse et du niobium. Cette exposition élargie ne se limite pas aux métaux de base destinés aux batteries ; elle englobe également le stockage sur réseau, le solaire, l’acier vert, ainsi que la demande provenant du secteur de la défense.
- Le rééquilibrage a privilégié la sécurité de l’approvisionnement ainsi que la qualité. Dans les catégories définies, il a diminué le cuivre et le lithium, tout en augmentant l'exposition aux terres rares et au nickel ; la pondération s’est ainsi déplacée vers l’extraction minière et le traitement en amont.
- Croissance à prix réduit. Après rééquilibrage, le portefeuille présente une croissance à long terme attendue environ 1,5 fois plus élevée que celle du MSCI All Country World Index (ACWI), accompagnée d’une progression du ROE et du ROA. Par ailleurs, son P/E prospectif s’établit désormais sous celui de l’indice de référence, à 16,6x contre 18,5x).
Métaux stratégiques dans un monde plus complexe et plus stratégique
La compétition mondiale pour sécuriser les minerais critiques est en train de remodeler les flux commerciaux, les politiques industrielles et les chaînes d’approvisionnement. Une récente mise à jour sur le commerce mondial publiée par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) décrit comment la demande de minéraux essentiels à la transition énergétique et aux technologies avancées, tels que le lithium, le cobalt, le nickel, le cuivre et les terres rares, transforme le commerce mondial. Cela s’observe notamment alors que les gouvernements et les industriels s’éloignent des schémas traditionnels du commerce des matières premières pour privilégier la résilience des chaînes d’approvisionnement et réduire leur dépendance à un nombre limité de fournisseurs. La Chine demeure l’acteur dominant dans de nombreuses chaînes de valeur, en particulier dans la transformation et le raffinage, tandis que l’Australie, l’Indonésie, le Chili et plusieurs pays africains renforcent leur présence tant sur les matières premières que sur les segments à plus forte valeur ajoutée. La CNUCED avertit également que la concentration des chaînes d’approvisionnement et les tensions géopolitiques, amplifiées par les contrôles à l’exportation, les subventions et d’autres mesures stratégiques, pourraient créer de nouvelles vulnérabilités pour le commerce mondial.
Ce thème a largement dominé la conférence « Geneva Dry » de cette année sur le transport maritime de matières premières. Plusieurs intervenants y ont cité le cuivre parmi les cas les plus parlants d’une demande structurellement élevée, portée par l’essor de l’électrification, des véhicules électriques (VE) et le dynamisme industriel. Le tout inscrit dans un contexte de sous-investissement chronique dans les capacités de production nouvelles. Actuellement, nombre de producteurs accumulent des stocks stratégiques de matières premières secondaires essentielles, cherchant ainsi à se protéger face aux risques de perturbations. L’impact sur l’investissement reflète précisément la logique à l’origine de ce rééquilibrage : ces matières s’imposent désormais comme des instruments de politique publique et des actifs stratégiques pour la sécurité des approvisionnements, bien au-delà de leur statut traditionnel de simples matières premières. Dans ce contexte, les entreprises chargées de l’extraction, du raffinage ou de la transformation se retrouvent au cœur du dispositif.
Extension de l’univers à 14 catégories de métaux
WisdomTree Strategic Metals and Rare Earths Miners UCITS ETF (Ticker: RARE) donne accès à un portefeuille varié de titres issus de l’ensemble de la chaîne de valeur des métaux liés à la transition énergétique (ETMVC). Le dernier rééquilibrage de l’indice sous-jacent (WTMRAREN), effectuée le 22 mai, a conduit à un élargissement significatif des catégories de métaux, qui sont passées de 10 à 14.
Graphique 1 : Chaîne de valeur des métaux de la transition énergétique après le rééquilibrage

Source : Wood Mackenzie, WisdomTree au 22 mai 2026. Il n'est pas possible d'investir directement dans un indice. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout investissement peut perdre de la valeur.
L’indice couvre désormais 14 catégories de métaux, avec quatre nouvelles additions : le manganèse, le silicium métal, le niobium et le vanadium, chacun reflétant un rôle distinct et structurellement important dans la transition énergétique et l’économie industrielle avancée.
- Vanadium (2,3 % de l’indice) — le plus pondéré des quatre ajouts, utilisé dans les batteries à flux redox pour le stockage sur réseau de longue durée. Le taux de croissance sur cinq ans de 45 % est particulièrement élevé pour le marché du vanadium1. Pangang Group a été ajouté à l’indice, il s’agit du premier producteur mondial de vanadium et également d’un fabricant majeur de titane.
- Silicium métal (3,2 %) — matière première essentielle pour le secteur solaire, dont le marché enregistre un TCAC d’environ 14 % sur cinq ans1, ainsi que pour les semi-conducteurs. Les nouveaux ajouts incluent Ferroglobe, Elkem, Wacker Chemie et Tongwei. Ferroglobe occupe la première place parmi les producteurs indépendants de silicium métal en Occident. Elkem ASA est un groupe international qui se consacre à la fabrication de matériaux avancés à base de silicium. Wacker Chemie est un groupe chimique international spécialisé dans la production de produits à base de silicone, ainsi que de silicium polycristallin ultra-pur destiné aux industries des semi-conducteurs et du solaire. Tongwei est un fabricant intégré de silicium, spécialisé dans le raffinage de silicium polycristallin de haute pureté utilisé pour les panneaux solaires.
- Manganèse — sert principalement d’alliage en sidérurgie, où il accroît la résistance et la durabilité de l’acier. Cela se traduit par une exposition à Ferroglobe (alliages), en plus des positions déjà détenues sur Eramet et Anglo American.
- Niobium — Près de 5 % de la demande de niobium provient du secteur des véhicules électriques (VE). Avec une croissance de 19 % sur cinq ans, le rythme reste soutenu, tandis que le déploiement des VE se poursuit1. Aucune nouvelle société n’a été intégrée pour couvrir le niobium ; toutefois, China Molybdenum, déjà présente dans l’indice, y est exposée. Les mentions de sociétés spécifiques sont présentées à titre d’exemple uniquement et ne sauraient être interprétées comme une incitation à acheter ou vendre un instrument financier quel qu’il soit.
Ces catégories totalisent désormais près de 5,5 % de l’indice, la plupart des ajustements induits par le rééquilibrage s’étant concentrés sur les catégories de métaux déjà en place.
Pondération des catégories de métaux : baisse pour les plus élevées, hausse pour le nickel et les terres rares
Dans ces catégories établies, la modification la plus significative touche à la diminution des deux principales pondérations de l’indice — le cuivre et le lithium — au bénéfice des terres rares, du nickel, de l’étain, et des nouvelles catégories. Le cuivre demeure la catégorie principale, bien que sa pondération ait reculé d’environ six points. Quant au lithium, sa part a été réduite, conséquence du ralentissement constaté dans la dynamique des actions liées au lithium à la fin de l’année 2025. Les terres rares ont connu une progression marquée, reflétant la prime stratégique que le marché attache toujours à la sécurisation des chaînes d’approvisionnement. Quant au nickel, il s’est apprécié, porté par son rôle clé dans la transformation et la filière des batteries.
Graphique 2 : Évolution des pondérations des catégories de métaux après le rééquilibrage

Source : FactSet, WisdomTree, Wood Mackenzie au 22 mai 2026. Il n'est pas possible d'investir directement dans un indice. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout investissement peut perdre de la valeur.
Pondérations des sous-secteurs : la transformation cède la place à l’extraction minière et à la fusion
Si le rééquilibrage de novembre avait auparavant favorisé la conversion, celui-ci infléchit partiellement cette dynamique : l’extraction minière et la métallurgie progressent désormais, au détriment de la transformation. Cela traduit à la fois la hausse de la pondération accordée aux terres rares et au nickel — deux matériaux étroitement liés à l’extraction minière — et un marché qui, sur fond de perturbations de l’offre, redonne de la valeur à la maîtrise des capacités physiques en amont et au traitement. Cela, alors même que la pondération du cuivre a été diminuée. La chute marquée du poids de la transformation, qui recule d’environ 11 points, s’explique principalement par une moindre pondération du lithium. Les entreprises spécialisées dans la transformation du lithium représentaient en effet un sous-secteur important de la transformation dans l’ancien portefeuille.
Graphique 3 : Évolution des pondérations des sous-secteurs après le rééquilibrage

Source : FactSet, WisdomTree, Wood Mackenzie au 22 mai 2026. Il n'est pas possible d'investir directement dans un indice. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout investissement peut perdre de la valeur.
Évolutions géographiques : Les États-Unis et la Chine en tête, le Canada et le Japon moins représentés
La ventilation des pondérations selon l’origine géographique des revenus a connu une évolution notable. Les États-Unis affichent la progression la plus marquée (+2,1 points), ce qui correspond à la dynamique de l’indice, davantage orienté vers la constitution de chaînes d’approvisionnement alignées sur le marché américain. De son côté, la Chine enregistre une légère hausse, conservant néanmoins, et de loin, la première place en termes d’exposition pays. Cela s’explique par l’ajout de Pangang (vanadium) et Tongwei (silicium), mais aussi par la place prépondérante que continuent d’occuper les capacités chinoises en raffinage et en transformation. La Corée du Sud a progressé de 1,2 point, soutenue par la bonne tenue du nickel et des cathodes.
Graphique 4 : Évolution des pondérations géographiques des revenus après le rééquilibrage

Source : FactSet, WisdomTree, Wood Mackenzie au 22 mai 2026. Il n'est pas possible d'investir directement dans un indice. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout investissement peut perdre de la valeur.
Valorisations : réévaluation à la hausse, mais elles restent inférieures à l’indice de référence sur les bénéfices prévisionnels
La situation en matière de valorisation s'est améliorée après le rééquilibrage. L’indice réunit à présent une croissance attendue supérieure à la moyenne du marché, une rentabilité en progression, ainsi qu’un multiple des bénéfices prévisionnels resserré depuis le début du conflit en Iran. La croissance à long terme attendue, fixée à 23,2 %, s’avère environ 1,5 fois plus élevée que celle de l’indice MSCI All Country World (15,5 %). Parallèlement, le rendement des capitaux propres a pratiquement doublé, passant de 4,2 % à 7,7 %, tandis que le rendement des actifs, désormais à 3,4 %, surpasse celui de l’indice de référence. Point notable, le P/E prévisionnel de l’indice, qui atteignait 22,1x, s’établit désormais à 16,6x. Alors qu’il bénéficiait d’une légère prime face à l’indice de référence au moment du rééquilibrage de novembre, il affiche aujourd’hui une décote (16,6x contre 18,5x pour l’ACWI).
Graphique 5 : Évolution des valorisations fondamentales après le rééquilibrage

Source : FactSet, WisdomTree, Wood Mackenzie au 22 mai 2026. Il n'est pas possible d'investir directement dans un indice. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout investissement peut perdre de la valeur.
Le contexte général : pourquoi ce rééquilibrage est important
L’élargissement de l’indice WisdomTree Strategic Metals and Rare Earths Miners de 10 à 14 catégories de métaux reflète l’évolution des besoins en matériaux liés à la transition énergétique.
Au départ, la thématique des minéraux critiques était dominée par le lithium, le cobalt et le nickel (les principaux métaux des batteries), ainsi que par les terres rares, essentielles pour les aimants permanents utilisés dans les moteurs de véhicules électriques et les éoliennes. La transition nécessitera également d’importantes quantités de cuivre pour les infrastructures d’électrification, de manganèse pour l’acier vert et les technologies de batteries avancées, de silicium pour les systèmes d’énergie solaire, et de vanadium pour le stockage d’énergie à l’échelle du réseau, indispensable au soutien de niveaux élevés de production d’électricité renouvelable.
Dans le même temps, le contexte géopolitique s’est considérablement compliqué, avec la sécurité énergétique revenant au cœur de la thématique des métaux stratégiques. Le conflit actuel au Moyen-Orient illustre à quel point un choc d'approvisionnement énergétique peut, en un temps très court, affecter l’ensemble du secteur des matériaux critiques. La flambée des prix des carburants encourage l’essor des véhicules électriques, dynamisant ainsi la demande de terres rares magnétiques et de métaux pour batteries. Parallèlement, la constitution de stocks militaires et la progression des dépenses de défense tirent vers le haut la demande en éléments de terres rares lourdes.
Dans ce contexte, un indice qui reflète à la fois l’évolution des prix des matières premières et la performance des entreprises actives dans l’extraction, la transformation et le raffinage de ces matériaux à chaque étape de la chaîne de valeur offre aux investisseurs une exposition structurelle et pertinente à la thématique des matériaux critiques.
Investir dans des sociétés liées à l’exploitation minière et aux métaux peut être volatil et être affecté par les variations des prix des matières premières, l’évolution de la situation géopolitique, les changements réglementaires, les exigences environnementales et les risques opérationnels. Le Fonds présente une exposition thématique concentrée et peut connaître une volatilité supérieure à celle des marchés actions plus larges. Les investissements sur les marchés émergents et dans les petites entreprises peuvent comporter des risques supplémentaires. La valeur des investissements peut baisser comme augmenter et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant initialement investi.
1 Wood Mackenzie au 30 avril 2026
