Le prochain « Nvidia » se trouve peut‑être déjà sous nos yeux. Comment l’identifier suffisamment tôt ?
À retenir
- La création de richesse boursière est fortement concentrée ; la réussite thématique à long terme dépend moins de l’évitement systématique des perdants que de la capacité à détenir les rares entreprises capables de croître de manière exponentielle.
- Les thématiques offrent une cartographie des futurs gisements de croissance, mais exigent une sélection de titres disciplinée. Identifier Amazon en 1998 était bien plus difficile que d’identifier l’essor d’Internet.
- Les ETF UCITS WisdomTree Megatrends et Tech Megatrends visent à concilier ampleur et pertinence, afin de capter tôt les futurs gagnants tout en maintenant un faible chevauchement avec les indices de marché.
Au cours des cent dernières années, les actions américaines ont généré environ 91 000 milliards de dollars de richesse pour les actionnaires. Mais cette création de valeur a été extrêmement concentrée. Seuls 3,72 % des titres ont représenté 100 % de cette création nette de richesse. À eux seuls, 46 titres ont généré la moitié de cette valeur totale. Apple a représenté à elle seule 5,52 % ; Amazon, 2,49 %.
Tableau 1 : Entreprises ayant généré la plus forte création de richesse pour les actionnaires, données au 31 décembre 2025
Source : « One Hundred Years in the U.S. Stock Markets ». H. Bessembinder. Mars 2026
Les résultats actualisés de l’étude de référence de H. Bessembinder ne doivent toutefois pas être interprétés comme une remise en cause de la sélection de titres. Ce qu’elles démontrent de manière implacable, c’est que les performances actions sont fortement asymétriques : l’univers actions fonctionne selon une logique où quelques gagnants captent l’essentiel de la valeur. L’investissement en actions ne consiste pas à éviter les perdants — la plupart des titres en sont — mais à s’assurer une exposition aux gagnants. Investir tôt dans des entreprises capables de croître de manière exceptionnelle, comme Apple, Amazon ou Nvidia, peut transformer un portefeuille… ou le laisser à la traîne.
C’est pourquoi chaque cycle de marché soulève la même question : où se trouve le prochain Amazon ou Nvidia ?
Les thématiques sont‑elles la boussole ?
Lorsqu’il s’agit d’identifier une société au potentiel de croissance exponentielle, repérer la thématique est généralement plus simple que trouver la société elle‑même. Dès 1998, il était évident qu’Internet avait la capacité de transformer le commerce, les médias et la communication. La difficulté, en revanche, était de savoir que ce serait Amazon — et non Yahoo, Lycos ou InfoSpace. Il en va de même aujourd’hui. L’intelligence artificielle (IA), l’électrification, l’informatique quantique ou la blockchain sont des forces structurelles clairement identifiables. Les thématiques deviennent la carte. Elles indiquent aux investisseurs où les gisements de croissance pourraient se déplacer. Elles ne fournissent pas un nom unique. La difficulté vient ensuite : que doit, ou ne doit pas, faire l’investisseur avec cette carte ?
Deux erreurs classiques : la gravitation vers les méga‑caps et l’excès de confiance
En matière d’investissement thématique, deux erreurs récurrentes ressortent après l’analyse de centaines de portefeuilles :
- La première erreur est ce que l’on pourrait appeler la « gravitation vers les méga‑caps ». De nombreux portefeuilles thématiques dérivent vers les mêmes entreprises qui dominent déjà le S&P 500 ou le Nasdaq‑100. Ces entreprises se distinguent parce qu’elles ont déjà gagné. Ce sont des moteurs de croissance exceptionnels, mais une grande partie de leur expansion exponentielle pourrait déjà appartenir au passé. Bien qu’elles soient familières et rassurantes, elles risquent de transformer une allocation thématique en une version plus coûteuse d’une exposition indicielle. Un portefeuille thématique différencié doit maintenir un faible chevauchement avec les grands indices de marché et se concentrer sur les entreprises présentant un potentiel de croissance future plus élevé au sein de chaque thématique.
- La seconde erreur est l’inverse : l’excès de confiance. Les investisseurs sont tentés de croire qu’ils peuvent identifier l’unique gagnant et construire des portefeuilles si concentrés que manquer un seul titre devient fatal. À quoi aurait ressemblé un portefeuille Internet au début des années 2000 sans Amazon, ou un portefeuille IA depuis 2022 sans Nvidia ?
Trouver le bon équilibre : un univers suffisamment large d’entreprises pertinentes
La réponse n’est pas une diversification aveugle. C’est la pertinence associée à une couverture large. Une stratégie thématique doit couvrir un univers suffisamment large pour augmenter la probabilité de détenir le futur gagnant, sans devenir si étendue que l’exposition se confonde avec celle du marché global.
C’est ici que les règles et la philosophie d’investissement prennent toute leur importance. L’investissement thématique doit être un processus reproductible visant à :
- Augmenter la probabilité d’être exposé à la bonne partie de l’univers actions
- Maintenir une couverture suffisante pour éviter de passer à côté du titre clé de la thématique
La philosophie d’investissement thématique de WisdomTree repose sur ces deux principes : identifier et classifier les mutations structurelles, puis construire une exposition investissable autour des entreprises les plus alignées avec ces tendances, de manière dynamique.
Les WisdomTree Megatrends UCITS ETFs et WisdomTree Tech Megatrends UCITS ETF offrent une exposition diversifiée aux mégatendances clés qui façonnent l’avenir. Ils reposent sur un processus en trois étapes visant à trouver le bon équilibre entre précision d’investissement et exposition diversifiée :
- L’allocation thématique stratégique
Les thématiques les plus pertinentes sont sélectionnées chaque année afin d’assurer au portefeuille une exposition aux tendances structurelles qui façonnent l’avenir.
- L’allocation thématique tactique
Les thématiques sont surpondérées ou sous‑pondérées chaque trimestre à l’aide de signaux de momentum, afin de tenir compte du caractère sensible au sentiment de leur performance.
- La sélection de titres thématique
Chaque exposition thématique est mise en œuvre via un portefeuille dédié de titres (avec des règles et une logique propres à chaque thématique pour maximiser l’alignement avec sa thèse d’investissement). Chaque compartiment thématique est construit autour d’entreprises présentant une forte pureté et pertinence vis‑à‑vis de la thématique, tout en cherchant à minimiser le chevauchement avec les marchés actions globaux et avec les autres thématiques du portefeuille Megatrends.
Il en résulte une stratégie qui reconnaît qu’il est impossible d’identifier à l’avance l’unique gagnant, mais qui continue de poser la bonne question : Cette entreprise est‑elle fortement alignée avec la thématique ?
Conclusion
Les conclusions de Bessembinder devraient inciter les investisseurs à l’humilité, non à la passivité. Si seule une minorité d’entreprises génère la majeure partie de la création de richesse à long terme, l’enjeu consiste à orienter la recherche de manière intelligente tout en évitant l’arrogance consistant à prétendre connaître le gagnant à l’avance. Le prochain « Nvidia » est peut‑être déjà coté. Il peut se trouver dans l’infrastructure IA, la cybersécurité, l’informatique quantique ou une thématique encore insuffisamment reconnue par le marché. Il peut ne pas ressembler à Nvidia aujourd’hui, tout comme Amazon n’était perçu en 1998 que comme une librairie en ligne.
Les investissements axés sur des entreprises thématiques ou orientées croissance peuvent être plus volatils que les investissements actions plus larges et connaître d’importantes fluctuations de prix. Les entreprises exposées aux technologies émergentes et aux thématiques de croissance structurelle peuvent être confrontées à des risques réglementaires, concurrentiels, de valorisation, technologiques et d’exécution, et rien ne garantit que les tendances de croissance anticipées se matérialiseront.