IA physique : investir dans les humanoïdes, les drones et l’automatisation de l’économie réelle
À retenir
- L’IA entre dans une nouvelle phase, passant des applications numériques à des systèmes physiques qui influencent directement la production, la logistique et la mobilité.
- L’adoption de l’IA physique s’accélère, portée par des facteurs structurels tels que les pénuries de main-d’œuvre, la hausse des investissements dans la défense et la relocalisation industrielle.
- Le WisdomTree Physical AI, Humanoids and Drones UCITS ETF offre une exposition diversifiée à des entreprises avant-gardistes en matière de développement de l’IA physique, où les capacités cognitives sont intégrées directement dans les machines, les infrastructures et d’autres applications du monde réel.
Pourquoi la prochaine phase d’adoption de l’intelligence artificielle (IA) a-t-elle déjà commencé ?
Début janvier 2026, investisseurs et acteurs industriels se sont retrouvés à Las Vegas à l’occasion du CES, afin d’assister à la présentation habituelle des innovations technologiques. Toutefois, la présence généralisée de robots humanoïdes a véritablement retenu l’attention. Bien qu’encore majoritairement à l’état de prototypes, ces démonstrations ont marqué un tournant décisif : l’intelligence artificielle n’était plus cantonnée aux écrans et aux logiciels, mais commençait à prendre forme dans le monde physique.
Cette transition s’est illustrée de manière particulièrement nette avec Boston Dynamics et son robot Atlas, désigné « Best Robot » lors des Best of CES 2026 Awards; et désormais intégré à une feuille de route industrielle à long terme. Hyundai a d’ailleurs indiqué prévoir le déploiement d’Atlas dans des environnements de production manufacturière aux États-Unis dès 2028. Une dynamique comparable s’observe ailleurs. Le chinois UBTECH prévoit de livrer plus de 5 000 robots humanoïdes en 2026 à des fins industrielles, marquant ainsi le passage d’une phase de démonstration technologique à une première échelle commerciale.
L’intelligence artificielle entre dans le monde physique
Ces évolutions s’inscrivent dans une transition plus large de l’intelligence artificielle. La première grande phase d’adoption de l’IA a transformé les environnements numériques, les logiciels et les contenus, avec une intelligence principalement centralisée dans le cloud. Une deuxième phase est désormais en cours, étendant l’intelligence artificielle au monde physique. Cette évolution a été rendue possible par les progrès en matière d’efficacité des modèles d’IA, le développement du calcul en périphérie et l’amélioration des systèmes de capteurs, permettant à l’IA d’opérer de manière autonome, de réagir en temps réel et d’exécuter des actions physiques. Ce changement marque une nouvelle modalité de création de valeur économique, l’IA exerçant désormais une influence directe sur les processus de production à travers l’ensemble de l’économie réelle.
Qu’est-ce que l’IA physique ?
L’IA physique renvoie à des systèmes intelligents capables de percevoir leur environnement, de prendre des décisions et d’exécuter des actions physiques en temps réel. À la différence des formes traditionnelles d’automatisation, ces systèmes sont destinés à évoluer dans des environnements dynamiques et peu structurés.
Son champ d’application couvre de nombreux secteurs. Les robots humanoïdes visent à introduire une automatisation flexible dans des environnements initialement conçus pour les humains. Les drones et les systèmes de mobilité autonome sont d’ores et déjà déployés dans des domaines tels que la défense, l’inspection, la surveillance, la logistique et le transport. La robotique industrielle et la smart manufacturing constituent le socle de l’automatisation moderne, avec des applications qui s’étendent désormais à la santé, à l’agriculture, à la construction et à d’autres environnements complexes du monde réel.
Pourquoi l’IA physique connaît-elle une accélération ?
L’accélération de l’IA physique est portée non seulement par les progrès technologiques, mais également par des facteurs économiques structurels.
- Les pressions démographiques entraînent des pénuries persistantes de main-d’œuvre dans l’ensemble des économies développées, notamment dans l’industrie manufacturière, la logistique, la santé et les métiers qualifiés. Dans ce contexte, l’automatisation passe d’un levier d’optimisation des coûts à une nécessité opérationnelle.
- L’automatisation à l’échelle industrielle renforce également cette dynamique. Les systèmes robotiques sont désormais déployés dans les usines et les entrepôts à l’échelle mondiale, générant des données opérationnelles qui permettent d’améliorer les rendements et de réduire les coûts unitaires.
- La relocalisation des chaînes d’approvisionnement stimule par ailleurs de nouveaux investissements dans la production nationale, améliorant structurellement le profil de rentabilité de l’automatisation dans les régions aux coûts de production élevés.
- Le secteur de la défense, en adoptant ces technologies, fournit aux systèmes autonomes les volumes de production initiaux, le financement nécessaire et une validation opérationnelle cruciale, ces apprentissages étant progressivement transférés vers les applications commerciales.
Graphique 1 : La baisse du taux de la population active accélère le recours à l’automatisation

Source : Données économiques de la Réserve fédérale, Banque fédérale de réserve fédérale de Saint-Louis, https://fred.stlouisfed.org. Ensemble de données : CIVPART pour la période de janvier 1995 à septembre 2025. Données disponibles en décembre 2025. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout investissement peut perdre de la valeur.
Une approche écosystémique de l’investissement dans l’IA physique
À mesure que l’IA physique se déploie au sein des secteurs, l’opportunité d’investissement s’appréhende davantage comme un écosystème que comme une technologie ou un cas d’usage isolé.
Le WisdomTree Physical AI, Humanoids and Drones UCITS exchange-traded fund vise à offrir une exposition ciblée à cet écosystème, selon une méthodologie structurée et systématique. La stratégie s’articule autour de cinq segments industriels clés de l’IA physique : la robotique humanoïde, les drones et la mobilité autonome, la smart manufacturing, la robotique appliquée à la logistique et aux chaînes d’approvisionnement, ainsi que les nouvelles applications.
Chaque segment industriel se voit attribuer un Score thématique reflétant son importance relative au sein de l’écosystème de l’IA physique, avec une pondération actuellement renforcée en faveur de la robotique humanoïde, des drones et de la mobilité autonome. Les entreprises sont ensuite évaluées au moyen d’un Score de pertinence, qui mesure la part stratégique de leurs activités liées à l’IA physique, sur la base de leurs capacités technologiques, de leur propriété intellectuelle, de leurs communications d’entreprise et, le cas échéant, de leur exposition en termes de revenus.
Cette approche vise à privilégier les entreprises présentant une exposition avérée au déploiement de l’IA physique, tout en limitant l’exposition aux sociétés pour lesquelles l’IA demeure principalement expérimentale ou uniquement indirectement liée aux revenus.
Les positions sont initialement sélectionnées sur une base de pondération égale, puis les pondérations finales sont ajustées à l’aide des scores thématiques, afin de se focaliser sur les segments industriels et les entreprises les plus étroitement liées au déploiement opérationnel de l’IA physique, tout en préservant la diversification et la discipline en matière de liquidité.
Les applications concrètes
L’ETF se présente comme un portefeuille à pondération égale modifiée comptant environ 60 sociétés, avec des allocations orientées vers les segments où l’adoption de l’IA physique est la plus tangible et où le potentiel de croissance à long terme apparaît le plus élevé.
Graphique 2 : Les 20 principales positions
Source : WisdomTree, Bloomberg. Pondérations au 6 janvier 2026. L’indice a été lancé le 31 octobre 2025. Il n’est pas possible d’investir directement dans un indice. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout investissement peut perdre de la valeur.
Dans la robotique humanoïde, la diversification de l’exposition se traduit par une allocation à la fois aux développeurs de systèmes finaux, tels que UBTECH, Boston Dynamics (via Hyundai), XPeng et Xiaomi, ainsi qu’aux fournisseurs de composants. Des entreprises comme Schaeffler et Robotis fournissent notamment des actionneurs et des systèmes de détection de mouvement essentiels au fonctionnement des articulations et des membres des robots humanoïdes.
Dans le segment des drones et des systèmes autonomes, le portefeuille profite d’une adoption à grande échelle, portée principalement par la demande du secteur de la défense. AeroVironment illustre cette dynamique, avec des contrats conclus auprès du gouvernement américain et de pays alliés portant le plafond cumulé des contrats attribués à un niveau record de 3,5 milliards de dollars pour l’exercice fiscal 2026.
Dans le domaine de l’automatisation industrielle, FANUC (Fuji Automatic Numerical Control) met en évidence la manière dont l’IA physique s’intègre aux plateformes manufacturières existantes. En combinant une intelligence embarquée directement sur les robots avec la plateforme de calcul en périphérie Jetson de NVIDIA et la technologie de jumeaux numériques Isaac Sim, FANUC accélère le passage de la simulation au déploiement industriel à grande échelle.
Au niveau des technologies habilitantes, NVIDIA et Siemens étendent cette exposition au-delà des machines individuelles. NVIDIA fournit la couche d’intelligence des robots industriels et des nouveaux systèmes humanoïdes via sa plateforme Jetson et son modèle d’IA GR00T, tandis que Siemens intègre des logiciels d’automatisation pilotés par l’IA, des jumeaux numériques et des outils de simulation permettant de coordonner des machines intelligentes au sein d’environnements industriels évolutifs et auto-optimisants.
Environ 60 % de l’exposition est allouée à la robotique humanoïde, aux drones et à la mobilité autonome ; trois segments dans lesquels l’IA physique connaît la transition la plus rapide de la phase d’expérimentation vers un déploiement commercial à grande échelle. Les 40 % restants sont investis dans des plateformes de robotique industrielle et d’automatisation existantes, qui intègrent des capacités sophistiquées d’IA, complétées par une exposition sélective à des applications encore en phase initiale.
D’un point de vue géographique, l’allocation du portefeuille privilégie les régions où le déploiement de l’IA physique est le plus avancé. Environ un quart de l’exposition est alloué à la Chine, en raison de chaînes d’approvisionnement intégrées, d’une capacité manufacturière à grande échelle et d’un déploiement commercial rapide des systèmes humanoïdes et autonomes. Les États-Unis et le Japon viennent compléter cette exposition, où les dépenses de défense, l’automatisation industrielle et les technologies habilitantes continuent de soutenir l’adoption.
Graphique 3 : exposition aux pays et aux secteurs industriels

Source : WisdomTree, au 6 janvier 2026. Il n’est pas possible d’investir directement dans un indice. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout investissement peut perdre de la valeur.
Les avantages pour les investisseurs
L’IA physique marque le moment où l’intelligence artificielle commence à reconfigurer les modes de production et de circulation des biens. Des facteurs structurels, allant des pénuries de main-d’œuvre à la hausse des investissements dans le secteur de la défense et à la relocalisation industrielle, transforment le déploiement de ces technologies en une nécessité opérationnelle, plutôt qu’en un simple choix stratégique. Cette évolution permet aux investisseurs d’accéder à une thématique de productivité fondée sur une adoption dans l’économie réelle, et non sur des perspectives technologiques hypothétiques. Le WisdomTree Physical AI, Humanoids and Drones UCITS ETF offre une exposition diversifiée aux entreprises au cœur de cette transition.
Informations sur l’ETF : WisdomTree Physical AI, Humanoids and Drones UCITS ETF