Trois thématiques sous-estimées par les investisseurs
À retenir
- L’énergie nucléaire constitue une solution viable pour répondre aux besoins croissants en électricité fiable et quasi décarbonée des centres de données.
- L’informatique quantique se rapproche d’applications opérationnelles susceptibles de transformer les secteurs d’activité.
- Les énergies renouvelables et le stockage d’énergie bénéficient d’innovations de pointe qui apportent des solutions concrètes et suscitent un engouement marqué.
Lorsque nous échangeons avec des investisseurs sur l’investissement thématique, ils nous interrogent fréquemment sur les autres thématiques que nous suivons. Quels produits envisageons-nous de lancer prochainement ? Cette interrogation vise simplement à identifier les thématiques, peu évoquées à l’heure actuelle, mais susceptibles de devenir les prochaines tendances majeures. En effet, lorsqu’une thématique fait l’objet d’un consensus généralisé, l’enthousiasme suscité par son potentiel exponentiel s’estompe au profit de préoccupations quant à une valorisation déjà intégrée dans les cours, voire, dans certains cas, quant à la formation d’une bulle spéculative.
Il existe toutefois un juste milieu. Les concepts novateurs peuvent susciter l’intérêt des investisseurs, mais les décisions d’investissement requièrent généralement des avancées réelles. En d’autres termes, des progrès concrets sur la mégatendance sous-jacente qui transforme notre monde, mais avec une attention et un engouement moindres… pour l’instant. C’est là que se situent les opportunités d’investissement thématique.
Notre dernière enquête WisdomTree (menée du 24 juin au 7 juillet 2025, auprès de 802 personnes interrogées au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Italie, dans les pays nordiques, en Espagne, en Suisse et au Benelux) a révélé trois thématiques qui se trouvent très probablement dans cette fenêtre d’opportunité. Nous avons posé la question suivante aux investisseurs : Quelles thématiques offrent les opportunités d’investissement à long terme les plus attractives ?
Les trois premières réponses ont été l’intelligence artificielle, la cybersécurité et le cloud computing, la défense mondiale figurant également dans le top cinq. Toutefois, les véritables opportunités résident selon nous plus bas dans le classement, avec le nucléaire, l’informatique quantique et le climat, des domaines que les investisseurs sous-estiment probablement.
Le nucléaire
Penons l’exemple suivant : vous ouvrez ChatGPT, vous saisissez une requête, vous appuyez sur Entrée et vous lui laissez un instant pour traiter votre demande. Vous vous attendez à une réponse immédiate, mais vous obtenez à la place un message d’erreur indiquant que le serveur est hors service. Dans un contexte marqué par l’intelligence artificielle et une compétition accrue entre outils, les sociétés technologiques ne peuvent tolérer de tels dysfonctionnements susceptibles de pénaliser leurs utilisateurs. Ceci explique pourquoi l’approvisionnement électrique continu et massif des centres de données représente un enjeu stratégique pour les géants du cloud. L’énergie nucléaire s’impose dès lors comme une solution particulièrement viable.
Face à la forte hausse de la consommation électrique des centres de données, le nucléaire présente l’avantage de délivrer une énergie pratiquement sans émissions, évolutive et « permanente ». Aux États-Unis, par exemple, la consommation énergétique des centres de données devrait passer d’environ 183 TWh en 2025 à plus de 400 TWh d’ici 2030. Il n’est donc guère surprenant que les géants de la technologie se livrent à une course pour sécuriser des approvisionnements en énergie nucléaire destinés à leurs centres de données. Microsoft a conclu l’année dernière un accord avec Constellation Energy visant à rouvrir la centrale de Three Mile Island et à alimenter exclusivement ses centres de données pendant 20 ans. Google s’est associé à Kairos Power pour s’assurer l’accès à plusieurs petits réacteurs modulaires, des technologies avancées permettant un déploiement décentralisé et garantissant l’autonomie énergétique des centres de données. Amazon a signé plusieurs accords portant sur l’approvisionnement en énergie auprès de réacteurs nucléaires conventionnels et de petits réacteurs modulaires. Dernièrement, Meta a suivi l’exemple de Microsoft en concluant un partenariat avec Constellation visant à prolonger de 20 ans la durée d’exploitation du Clinton Clean Energy Center aux États-Unis, garantissant ainsi son approvisionnement en énergie nucléaire.
Lors de la COP29 l’année dernière1, 31 pays se sont engagés à tripler les capacités nucléaires mondiales d’ici 2050. Les États-Unis ont visé plus haut cette année, le président Trump ayant signé des décrets ayant pour objectif de quadrupler les capacités nucléaires américaines sur la même période. Progressivement, de nouveaux pays adoptent l’énergie nucléaire pour ses accréditations environnementales et sa capacité à fournir une électricité bon marché, fiable et à grande échelle, alors même que les besoins énergétiques mondiaux continuent de croître fortement.
Selon l’analyse de l’univers thématique de WisdomTree portant sur l’ensemble des fonds et ETF thématiques en Europe, l’énergie nucléaire constitue la thématique la plus performante depuis le début de l’année jusqu’à fin septembre.
Le WisdomTree Uranium and Nuclear Energy UCITS ETF tire parti du potentiel prometteur de cette thématique en investissant sur l’ensemble de la chaîne de valeur, des sociétés d’extraction d’uranium en amont aux intermédiaires fournissant des produits et services au secteur nucléaire, en passant par les entreprises innovantes spécialisées dans les technologies de pointe telles que les petits réacteurs modulaires.
L’informatique quantique
Il ne s’agit plus de science-fiction. Plusieurs sociétés ont dévoilé des projets visant à développer un ordinateur quantique fonctionnel avant 2030. IBM a publié une feuille de route détaillant son calendrier visant à développer un ordinateur quantique tolérant aux pannes, c’est-à-dire capable d’être utilisé de manière fiable dans des applications concrètes, à l’horizon 2029. D’autres entreprises, à l’instar d’IonQ, ont communiqué des échéanciers comparables. Cela signifie qu’aujourd’hui, l’informatique quantique pourrait se trouver au stade où était l’IA en 2018, à un point de bascule et représentant une opportunité particulièrement attractive, du moins rétrospectivement.
L’année dernière, Google a fait la une de l’actualité en annonçant que sa puce quantique Willow pouvait réaliser en 5 minutes un calcul nécessitant 10 septillions d’années (1025) au supercalculateur le plus puissant au monde2. Autrement dit, les ordinateurs quantiques sont en mesure de résoudre des problèmes inaccessibles aux ordinateurs conventionnels.
Le physicien Richard Feynman, lauréat du prix Nobel, affirmait : « Pour simuler fidèlement la nature, il convient d’adopter une approche quantique. » C’est précisément cette capacité à simuler, et in fine à prédire la réalité, qui confère aux ordinateurs quantiques un caractère révolutionnaire. À titre d’exemple, le développement d’un médicament peut prendre plus d’une décennie et coûter aux laboratoires pharmaceutiques plus de 2 milliards de dollars, avec des taux de réussite souvent inférieurs à 2 %. L’informatique quantique pourrait transformer radicalement ce processus en modélisant et en anticipant les interactions entre molécules chimiques et protéines, permettant d’identifier les candidats thérapeutiques les plus prometteurs et, par conséquent, de réduire les coûts, d’accélérer les cycles de développement et d’accroître les probabilités de réussite.
Le WisdomTree Quantum Computing UCITS ETF offre aux investisseurs une exposition à cette thématique via un investissement diversifié au sein de l’écosystème des sociétés actives dans l’informatique quantique. Cet ensemble englobe les concepteurs de puces électroniques, les fabricants de matériel, les développeurs de solutions logicielles, ainsi que les entreprises spécialisées en cybersécurité anticipant l’avènement de l’informatique quantique.
Le climat
Cette thématique appelle sans doute une analyse plus nuancée, les énergies renouvelables et propres occupant la 4e position du classement des thématiques les plus attractives dans l’enquête, soit avant la défense mondiale. En outre, les métaux et matériaux de la transition énergétique d’une part, et les solutions de stockage des batteries d’autre part, constituaient des catégories distinctes, toutes deux au milieu du classement avec des résultats satisfaisants.
Cette observation nous paraît particulièrement significative à deux égards. Premièrement, il semble que les investisseurs privilégient des thématiques ciblées comme les énergies renouvelables et les métaux plutôt qu’une approche globale du climat. Deuxièmement, il est possible que ces thématiques ne s’inscrivent plus prioritairement dans une logique de lutte contre le changement climatique, mais plutôt dans une perspective d’augmentation de la capacité énergétique et de mobilisation des technologies avancées pour répondre à la croissance rapide de la demande mondiale. Ainsi, l’innovation conjuguée aux accréditations environnementales ont propulsé l’énergie nucléaire au premier plan, aux côtés des énergies renouvelables, des solutions de stockage des batteries et des matériaux de la transition énergétique.
Le WisdomTree Battery Solutions UCITS ETF et le WisdomTree Renewable Energy UCITS ETF ont tous deux bénéficié de la baisse des taux d’intérêt et du rebond des titres chinois. Il convient de noter que des sociétés telles que Bloom Energy Corp et QuantumScape figurent parmi les principaux contributeurs à la performance cette année. Bloom Energy Corp, spécialisée dans le développement de piles à combustible à hydrogène, a identifié les centres de données comme un marché porteur pour sa technologie. La modularité de ces systèmes permet en effet un déploiement décentralisé assurant une alimentation électrique continue, à l’instar des petits réacteurs modulaires. QuantumScape a enregistré des progrès notables avec ses batteries à électrolyte solide, une technologie présentant une efficacité énergétique supérieure susceptible d’accélérer significativement le déploiement des véhicules électriques grâce à des autonomies supérieures et des durées de recharge réduites.
Le développement de ces technologies met en évidence une convergence croissante entre solutions climatiques, innovation énergétique et avancées technologiques. C’est au sein de cette zone de recoupement que se dessinent certaines des opportunités d’investissement les plus prometteuses.
Conclusion
Sam Altman, dirigeant d’OpenAI, a mis en avant la nécessité croissante de puissance de calcul et d’approvisionnement énergétique pour alimenter les infrastructures informatiques. Il s’agit des deux transformations structurelles majeures qui redéfinissent notre futur. Les thématiques susmentionnées se positionnent exactement à l’intersection de ces transformations et amorcent déjà leur développement. Toutefois, à en juger par les résultats de notre enquête, l’intérêt des investisseurs ne s’est pas encore généralisé, ce qui laisse supposer qu’une fenêtre d’opportunité pourrait subsister pour les investisseurs pionniers souhaitant s’exposer au potentiel de ces thématiques.
Les thématiques peuvent toutefois évoluer rapidement. L’identification précoce des thématiques émergentes demeure un exercice complexe, y compris pour les investisseurs les plus avertis, avant leur médiatisation. Le WisdomTree Megatrends UCITS ETF répond à cette problématique en offrant une allocation stratégique diversifiée sur plusieurs thématiques, dont les pondérations relatives de chaque thématique sont ajustées en fonction de leur dynamique.
Dans un environnement où les évolutions s’accélèrent constamment, cette approche permet aux investisseurs de maintenir une exposition aux thématiques en développement, sans avoir à les identifier et les suivre activement.
1Source : Conférence des Nations unies sur les changements climatiques de 2024 (COP29)
2Source : Google, décembre 2024.
