Comment choisir un ETF pure-play axé sur la défense européenne : l’approche de WisdomTree
À retenir
- Un univers strictement européen permet de maintenir une exposition en adéquation avec les dépenses d’approvisionnement et la demande finale de la région, tandis que les paniers mondiaux risquent une dilution de l’exposition en raison de la présence d’entreprises non européennes et de revenus substantiels générés hors d’Europe.
- Une pondération axée sur les revenus permet de mettre davantage l’accent sur les sociétés les plus exposées au secteur de la défense, plutôt que sur les plus grandes capitalisations boursières.
- Certaines dénominations « défense européenne » peuvent encore inclure des émetteurs non européens ; un périmètre strictement européen offre une meilleure corrélation avec les canaux d’approvisionnement et de financement de l’Union européenne.
- De faibles écarts de cotation et une activité de négociation soutenue favorisent une mise en œuvre rentable dans la pratique.
Les tensions géopolitiques, perçues auparavant comme abstraites, se sont imposées comme une réalité immédiate, obligeant l’Europe à revoir sa position en matière de défense. Depuis 2022, les menaces sont passées du stade théorique à la réalité sur le terrain, et l’incertitude quant à la posture des États-Unis a souligné la nécessité d’une autonomie accrue de l’Europe. La hausse des budgets et des investissements ainsi que la reconstitution des stocks favorisent un cycle de réarmement et d’expansion industrielle résolument centré sur l’Europe.
Les investisseurs ont naturellement suivi cette dynamique. Les ETF axés sur la défense ont enregistré plus de 10 milliards1 de dollars de souscriptions depuis le début de l’année, les investisseurs visant une exposition ciblée à cette thématique. Le principal défi pour les investisseurs consiste à identifier un fonds indiciel coté (ETF) offrant une exposition ciblée au réarmement européen, reposant sur des sociétés du continent et pondéré selon les facteurs déterminant la demande en matière de défense.
Dans les articles suivants, nous expliquons pourquoi un périmètre axé sur l’Europe est déterminant, comment certaines appellations « Europe » peuvent dissimuler des constitutions de portefeuille très différentes, en quoi la méthodologie de pondération par les revenus du WisdomTree Europe Defence ETF vise une exposition plus ciblée que celle de ses homologues pondérés par la capitalisation, et pourquoi sa liquidité en fait une solution de détention rentable.
Les paniers mondiaux limitent la dynamique propre à la défense européenne.
Les ETF mondiaux axés sur la défense visent à refléter la moyenne d’une thématique mondiale, et non le cœur du réarmement européen. De par leur structure, ils comprennent des acteurs américains de premier plan et des entreprises de la région Asie-Pacifique, dont les cycles de demande, la dynamique budgétaire et les calendriers de programme diffèrent de ceux observés en Europe. Cette portée trop étendue détourne la pondération du portefeuille des entreprises européennes et des revenus générés en Europe, pourtant au cœur du mouvement d’approvisionnement et de renforcement des capacités industrielles du continent.
Le réarmement européen constitue un cycle propre à la région, mais la plupart des ETF mondiaux axés sur la défense reposent sur une pondération par la capitalisation boursière interrégionale, ciblant de toute évidence une exposition aux acteurs américains de premier plan. Cela ne représente pas l’essentiel de la demande européenne et cela amène à sous-pondérer les acteurs et fournisseurs européens, pourtant directement exposés aux programmes d’approvisionnement, à la reconstitution des stocks de munitions, à la défense antimissile et à la montée en puissance industrielle du continent. Même lorsque les fonds mondiaux intègrent des sociétés européennes, leurs pondérations demeurent relativement faibles.
Le WDEF adopte l’approche inverse, en limitant son univers d’investissement exclusivement aux entreprises domiciliées en Europe. Ce choix de périmètre mène, mécaniquement, à une pondération plus marquée des acteurs européens et à une proportion plus élevée de revenus provenant de clients européens, que les autres ETF mondiaux axés sur la défense. Comme l’illustre le Graphique 1a, les principaux ETF mondiaux axés sur la défense n’allouent qu’environ 24 à 32 % de leurs portefeuilles à des entreprises domiciliées en Europe. Il en résulte une exposition médiane aux revenus européens d’environ 50 % pour le WDEF, soit un niveau nettement supérieur aux 10 à 15 % observés en moyenne pour les stratégies mondiales (voir Graphique 1b). Les ETF mondiaux limitent la dynamique propre à la défense européenne. Le WDEF maintient cette cohérence en concentrant à la fois la pondération du portefeuille et l’exposition aux revenus au sein de l’Europe.
Graphique 1a : Pondération du portefeuille en entreprises domiciliées en Europe : WDEF vs ETF OPCVM mondiaux axés sur la défense

Source : WisdomTree, Bloomberg. Les titres détenus en portefeuille sont basés sur la composition des fonds au 30 septembre 2025. Il n’est pas possible d’investir directement dans un indice. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout investissement peut perdre de la valeur.
Graphique 1b : Exposition aux revenus générés en Europe : WDEF vs ETF OPCVM mondiaux axés sur la défense

Source : WisdomTree, FactSet, données au 30 septembre 2025 Le symbole « X » indique la moyenne arithmétique de l’exposition aux revenus des titres détenus en portefeuille. Il n’est pas possible d’investir directement dans un indice. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout investissement peut perdre de la valeur.
Intégration des revenus dans la méthodologie de pondération : une exposition ciblée par nature
Au sein d’un univers strictement européen, la méthodologie de pondération des titres détermine l’exposition ciblée. Les méthodes fondées sur la simple capitalisation boursière privilégient les plus grandes entreprises, qui ne sont pas nécessairement les plus exposées aux activités de défense. Le WDEF intègre les revenus liés à la défense dans sa méthodologie de constitution, accentuant la pondération des entreprises directement exposées aux dépenses militaires. Les entreprises éligibles se voient attribuer des scores d’exposition basés sur la part de leurs revenus issus des activités de défense : Score 3 (>50 %), Score 2 (25 à 50 %) et Score 1 (10 à 25 %). Les scores les plus élevés bénéficient d’une pondération accrue, sous réserve des contraintes liées à la liquidité et à la gestion des risques.
Ce choix de structure revêt une importance concrète dans la mise en œuvre. Prenons l’exemple d’Airbus et de BAE Systems. Airbus affiche une capitalisation boursière plus élevée, mais son activité est davantage diversifiée vers l’aéronautique civile, tandis que BAE Systems tire une plus grande part de ses revenus du secteur de la défense. Un indice pondéré par la capitalisation dans le secteur aérospatial et militaire aura tendance à surpondérer Airbus, tandis qu’une approche fondée sur les revenus mettra davantage l’accent sur BAE Systems et d’autres acteurs assimilés très axés sur les activités de défense, renforçant ainsi la thématique ciblée du portefeuille. Comme l’illustre le Graphique 2b (en prenant pour référence l’indice MSCI Europe Aerospace and Defence), les valeurs notées Score 3 représentent environ 68 % du WDEF, contre près de 38 % dans un indice pondéré par la capitalisation.
Graphique 2a : Exemples de pondération dans le WDEF : BAE Systems vs Airbus

Source : WisdomTree, Bloomberg, FactSet. Les données de capitalisation boursière sont arrêtées au 19 septembre 2025, date de la dernière révision de l’indice.
Graphique 2b : Répartition par score d’exposition : Indice WisdomTree Europe Defence UCITS vs indice MSCI Europe Aerospace and Defence

Source : WisdomTree, Bloomberg, FactSet. Titres détenus au 30 septembre 2025. L’exposition aux revenus militaires est établie à partir de sources internes et externes multiples. WisdomTree/WTEUDEFN désigne l’indice Wisdom Europe Defence UCITS (NTR). MSCI/MXEU0AD désigne l’indice MSCI Europe Aerospace & Defence. Il n’est pas possible d’investir directement dans un indice. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout investissement peut perdre de la valeur.
Au niveau des groupes, les cohortes présentant les scores les plus élevés affichent une croissance des ventes et des performances relativement plus soutenues, ce qui confirme la pertinence d’une pondération fondée sur les revenus (voir Graphique 3*). Les sociétés au score plus faible, telles qu’Airbus ou Rolls-Royce, conservent néanmoins un rôle stratégique au sein du portefeuille. Ces entreprises fournissent des systèmes de propulsion, des sous-ensembles et des services essentiels au réarmement européen ; elles apportent également liquidité et diversification, tandis que leur exposition au secteur civil permet d’atténuer les risques inhérents à certains programmes. Cette pondération différenciée n’exclut pas ces sociétés ; elle permet de réorienter le portefeuille vers la composante pure-play de la thématique, dans le but de converger davantage l’exposition au cycle de la défense européenne et de ses perspectives de croissance.
Graphique 3 : WDEF : croissance des revenus et performances sur un an selon le score d’exposition

Catégorie Europe, exposition non européenne
Certains produits portant la mention « défense européenne » peuvent encore inclure des expositions hors Europe. Certaines stratégies autorisent des allocations à des entreprises non européennes, situées par exemple en Turquie, en Corée du Sud ou en Australie, ce qui permet au portefeuille d’inclure des sociétés telles qu’Aselsan, dont 87 % des revenus proviennent du marché national turc. Si l’objectif est de se calquer sur la dynamique de réarmement européenne, ces inclusions affaiblissent la cohérence de l’exposition : le pilier de la demande, les priorités en matière d’approvisionnement et l’exécution budgétaire demeurent fondamentalement européens.
Le financement constitue un autre facteur déterminant. Les initiatives européennes, telles que le Fonds européen de la défense (FED) qui subventionne la recherche et le développement collaboratifs ainsi que le développement des capacités, et le programme EDIRPA (European Defence Industry Reinforcement through Common Procurement Act), axé sur les achats conjoints, visent à renforcer la base industrielle de défense européenne. Ces dispositifs représentent un catalyseur de croissance direct ou indirect pour les entreprises européennes du secteur. Ces programmes sont principalement destinés aux bénéficiaires établis dans l’Union européenne, ce qui rend les émetteurs non européens moins susceptibles de bénéficier directement de ces mécanismes de soutien public. En résumé, les choix de périmètre ne relèvent pas de simples considérations sémantiques : ils reflètent l’architecture politique et réglementaire qui sous-tend le cycle de réarmement européen.
Liquidité et spreads : une solution de détention efficace
Une bonne structure thématique doit nécessairement s’accompagner d’une mise en œuvre efficace. Les coûts d’exécution sont aussi déterminants que les frais de gestion dans la performance globale d’un ETF. Deux éléments déterminent le coût global des transactions : le spread de cotation affiché et la capacité d’absorption du marché, à la fois sur les plateformes de négociation et sur le marché primaire (créations/rachats). Le WDEF affiche un spread de cotation de 5,4 points de base, soit le plus faible parmi les fonds analysés. En termes de volume de transactions, le WDEF démontre une liquidité nettement supérieure à ses pairs. Son volume quotidien moyen sur un mois s’établit à 12,82 millions de dollars, le positionnant largement en tête du groupe. Cette combinaison (spreads réduits et activité en bourse substantiellement plus élevée) indique une meilleure capacité à exécuter des ordres en bloc sans impact notable sur les prix. Cela permet de maîtriser les coûts de transaction totaux, même pour des volumes importants.
Graphique 4 : spread acheteur/vendeur et comparaison des volumes journaliers par rapport aux autres ETF axés sur la défense européenne

Source : WisdomTree, Bloomberg, données au 30 septembre 2025 Les spreads sont calculés sur la base du spread acheteur/vendeur le plus faible parmi toutes les cotations de chaque fonds au cours du mois dernier (bien que certains de ces ETF n’existent pas depuis aussi longtemps). Les volumes proviennent de la cotation la plus active, qui n’est pas nécessairement celle présentant le spread le plus réduit, et sont calculés sur la base des données du mois écoulé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout investissement peut perdre de la valeur.
Conclusion
Le réarmement de l’Europe constitue une dynamique pluriannuelle dont le centre d’impulsion est exclusivement européen. Si l’objectif est de prendre en considération ce cycle spécifique, le périmètre d’investissement et la méthodologie de pondération sont deux éléments tout aussi déterminants. Le WDEF part d’un univers d’émetteurs européens et affiche une préférence marquée pour la demande finale en Europe, ce qui permet de réduire le « risque d’étiquetage » susceptible de brouiller la cohérence thématique. Il applique ensuite une pondération fondée sur des revenus très axés sur la défense, de sorte que l’exposition reflète les véritables moteurs du cycle, et non simplement les plus grandes capitalisations. Enfin, le WDEF vise à offrir cette exposition ciblée au sein d’un ETF facile à détenir, caractérisé par des spreads réduits et une grande capacité d’absorption du marché. Pour les investisseurs visant une exposition ciblée, en phase avec les nouvelles priorités de l’Europe en matière de sécurité, le WDEF peut constituer une approche pure-play, fondée sur des règles transparentes afin d’accéder à cette thématique.
1Source : mise à jour thématique européenne de WisdomTree réalisée chaque mois – Septembre 2025
